Assemblée générale

L’assemblée générale du Club Nautique Portois aura lieu le samedi 8 décembre 2018 à partir de 17 h au club house.

Merci pour votre présence.

Le RUN-MAU-RUN de Col’vento, les 06 – 07 – 08 Avril 2018

Rappel du principe : Faire un aller/retour sans escale sur Maurice

Objectif : Heu ? Faire de la voile (oui, oui) et naviguer le plus vite possible entre les deux îles ! Soit en moins de 48h, 24m et 48s, record détenu par Sailfish. Record établi en 2007, plusieurs fois tenté et jamais atteint.

Nombre de bateaux au départ : 3. Sessoro (Mini), Indigo V (Swan) et Col’Vento (First 38, 5).

MÉTÉO sur le parcours : Comme d’hab, pas grand-chose au départ du Port et vent du SE établi à 20/25 nœuds sur la route. Houle du SE souvent croisée avec de l’Est et des creux de 3 à 4 mètres. Traversées de nombreux grains avec des rafales à 35/40 nœuds par moments. De quoi se muscler et se mouiller !

L’équipage de chic (pour les détails voir Anne-Sophie) et de choc: L’incontournable Kévin dans le rôle du skipper, secondé par Simon le calme. Viennent ensuite Émilie la baroudeuse des mers, Anne-Sophie la bavarde, David et son inséparable Marie et enfin les plus vieux de l’histoire, Yves et Lolo. A remarquer la modernité de cet équipage à la parfaite parité !

L’histoire :

Nous franchissons la ligne de départ vendredi soir à 20 heures 26 dans un vent nul de chez nul. Nous partons plus au large pour essayer de trouver quelque chose et finalement assez vite nous tombons sur un tout petit air qui nous emmène en baie de la Possession. Les conditions s’améliorent et tribord amure nous voilà lancés après une petite heure à chercher le vent. Cap au 90°.

Nous passons le Cap Bernard et à St Denis, le premier grain d’une longue série s’annonce. Par manque d’anticipation, on se retrouve à prendre 2 ris par 40 nœuds, sous la pluie, manœuvre sportive s’il en est ! Le grain passe et le vent s’établit à ce qu’il sera tout au long de la traversée : 20/25 nœuds avec des rafales sous grains. Nombreux les grains, nombreux…..La houle rentre aussi et ne cessera de nous causer des ennuis. Très vite, les équipiers sont malades. Tous, sauf Kévin le vaillant, seront malades à des degrés très divers certes mais tous y passeront…..Marie disparaîtra de très longues heures au fin fond d’une cabine, Lolo passera toute la traversée et ainsi que tout le retour sur le pont accrochée à son winch, devenu le « winch de Lolo ». Pour info, c’est le winch bâbord.

Les quarts sont établis et chacun essaie comme faire se peut en fonction de l’état de son estomac de tenir son rôle. En milieu de nuit, Kévin sonde son équipage malade, on rentre ou vous tenez le coup ? Décision est prise de reposer la question au petit matin à 8 heures. Pour le moment, on continue. Je l’ai dit en préambule, Équipage de choc ! La mer est franchement grosse, on est bien secoué et le cap difficile à tenir par moment. La nuit passe. Au petit matin, la question fatidique est reposée. Le gros de l’équipage va nettement mieux sauf Marie et Lolo empestées par les odeurs du gasoil qui imprègne tout le bateau à l’intérieur comme dehors (p. de jerrican !). Mais c’est pas grave, on continue, à 6 bien opérationnels, ça devrait le faire. La journée de samedi est super ensoleillée et sur le même modèle que la nuit hormis les quarts qui ne sont plus respectés. Marie, où es-tu ? Lolo, tu prends de la place dans le cockpit !

Nous finissons par apercevoir les premiers sommets de Maurice et nous voilà heureux, on devrait pouvoir exploser ce fameux record. Nous sommes confiants….

Pourtant, notre enthousiasme va s’émousser au fil des heures. Nous pensions être pile sur la route de la bouée de Port Louis. Mais que nenni ! La houle et la dérive nous ont déportés bien plus au nord que ce qu’il faudrait et à 19 heures la sanction tombe. On est à 15 miles de Port Louis mais il va nous falloir tirer bord sur bord au près plus que serré pour y arriver, au bas mot encore 8 heures de nav pour atteindre cette bouée tant convoitée. Et c’est dans la déception que nous faisons demi-tour.

On positive quand même, on est arrivé à Maurice dans des conditions difficiles et on l’a fait. Trop forts. On repart plus légers. Ce n’est plus une si grande défaite. On peut être fier de nous.

Cap au 270 °, Bâbord amure, vent toujours établi au SE à 20/25 nœuds et houle s’amortissant, quoi que ….

Rétablissement des quarts pour la nuit. Marie et Lolo sont toujours sous l’emprise des nausées qui les handicapent fortement, les autres vont bien hormis le manque de sommeil et la fatigue due à la concentration demandée par les conditions météo.

La nuit de retour est marquée par un ciel extraordinaire, de nombreux grains qui n’impactent pas de manière équitable tous les quarts, sauf Lolo, toujours sur le pont qui alterne les rinçages à l’eau de pluie et à l’eau de mer !….. mais on trace et on trace vite.

Les oiseaux de mer apparaissent puis les pailles-en-queue qui tournent autour de nous à la recherche d’un endroit où se poser et se reposer. Les contours de la Réunion se dessinent, notre cap est bon, le soleil brille et malgré les hauts de cœur tenaces pour Marie (satané gasoil…), oui Lolo va un peu mieux, on est heureux d’être là sur l’eau, à naviguer. On savoure la chance qu’on a.

Passé le Cap Bernard, la houle s’estompe nettement même si le vent fraîchit un petit peu, on observe la NRL en construction depuis la mer, un angle de vue pas donné à tout le monde.

La baie de la Possession est là, le vent a disparu (Tiens ! Quelle surprise!). Pause baignade. Comme un bain de jouvence. Trop trop bien.

Le moteur démarre (sniff!) et on franchit la ligne d’arrivée après 41 heures et un bout de navigation.

Conclusion :

Une mer démontée, un vent soutenu, 7 personnes malades à bord. On a mal partout, des bleus par milliers (au moins!), des coups de soleil d’anthologie, shootés aux odeurs de gasoil et de la faune pas lavée pendant 2 jours. On n’a pas battu le record à battre. Mais on s’en fout. On s’est régalé et on a le sentiment d’avoir réalisé une belle performance tant individuelle que collective. En bref, que du bonheur !

A noter que cette année encore aucun des bateaux alignés au départ n’a réussi à battre le record….

Laurence Richand